Jersey

Avoir 3 jours devant soi c’est avoir l’opportunité de faire son sac, d’emporter un appareil photo, un ami, et de prendre la route. Fin octobre 2018, je me suis rendu à Jersey, une île que je n’avais encore jamais explorée, qui se tiens à quelques kilomètres des côtes bretonnes.

PREMIERS PAS

Le vent défit le bateau, la mer le brutalise et le ciel s’apprête à lui déverser sa colère.
Nous sommes vendredi 28 octobre, il est 8h, et nous prenons la direction de Jersey depuis Saint-Malo. Les bulletins météo annoncent une tempête pour ce week-end. Rien de bien accueillant me diriez-vous, mais pour moi et Hugo, c’est une aubaine. Le littoral saccagé, la mer déchirée, la marche malmenée, voilà ce qui nous donne l’envie étrange d’affronter la face sombre de la nature.

Une fois le pied posé sur le sol britannique, on récupère rapidement la voiture de location pour déambuler dans les rues de Saint-Hélier. Les allées transpirent le charme anglais, tant par les baraques tapissées en couleurs primaires et secondaires, que par ses sols pavés et fréquentés par quelques âmes filant tranquillement entre les artères labyrinthiques de la capitale. L’odeur du grain qui émane d’un coffee shop stoppe notre élan, et le parfum qui flotte depuis le marché couvert nous hypnose.

LA BAIE DE BONNE NUIT

Il est déjà 14h, nous devons rejoindre notre logement. Planté au centre de l’île, le gîte vit dans la broussaille, cloîtré entre le pâturage et la lisière d’un bois. Cette ferme aménagée accueille les hôtes au sein de ses murs anciens marqués par le travail de dur labeur des agriculteurs. Les différents animaux de la ferme courent entre les bâtisses et de nombreux produits issus directement des sols sont disposés à prix libre, dérisoire. Un sentiment de plénitude émane de ce lieu.
Le logement en lui même est chaleureux, les poutres en bois apparentent affirment un caractère naturel réconfortant et les chambres spacieuses annoncent un sommeil réparateur bienvenu après une journée de marche.

À peine installés, on se prépare pour explorer le nord de l’île. De violentes bourrasques balayent les falaises, ouvrant un sublime panorama sur la baie de Bonne Nuit, dont la végétation roussie se sublime par le filet lumineux infiltré entre le cumulus. Des points de vue se révèlent au rythme des kilomètres : criques, phares, caillasses, sentiers boisés, villages.

Le soir on s’en va dîner à Kismet Cabana, Ouaisné Bay. La nourriture est fraîche, faite maison, directement dans le food truck du propriétaire, un jeune Jersiais au sourire naturel et à la joie de vivre évidente.

VERS LA SEYMOUR TOWER

Le lendemain, l’île baigne à nouveau dans une lumière éclatante. En début d’après-midi, la mer se retire si loin qu’il est possible d’accéder à la Seymour Tower construite à plus de 20min de marche de la côte, dans la Royal Bay of Grouville. L’exotisme des fonds marins de Jersey se dévoile sous nos pieds et expose à nos regards émerveillés un nombre infini de détails, entre crustacés et coquillages. Bien qu’ayant grandi en Bretagne, à quelques kilomètres de l’océan, le plaisir d’observer la faune marine est bien là.
Isolée de l’agitation urbaine, la tour se tient droite, le regard tourné vers le lointain, une main tendue pour les vieux marins venus du large, aux visages brutes et rugueux, creusés par leur vie aventureuse.

L’exploration touche à sa fin et il est temps de rentrer. Ce soir on veut vivre la folie des pubs, se fondre dans la masse festive, parmi les esprits joyeux du samedi soir, et être emporté par la célébration du houblon. On dépose la voiture en ville, on entre et sort de quelques pubs avant de terminer la nuit avec quelques locaux, au fond d’un bar quelconque, à tenter de tenir une conversation censée. Sans surprise, la soirée est réussie.

Le lendemain matin, une douche et un café suffisent pour nous sortir des abysses du sommeil.

PHARE DE LA CORBIÈRE & PORTELET BEACH

On roule désormais vers l’ouest, jusqu’au phare de La Corbière. La balade est tranquille, à l’image du week-end : ni précipitations, ni programme, ni stress. Seul le plaisir d’arpenter les sentiers de Jersey règne en maître.
Le phare lui, est encastré entre les roches. Il est visité à marée basse et se tient à l’écart à marée haute. La scène depuis le parking est sublime. Un rayon trace une ligne dorée depuis le ciel, séparant en deux la masse nuageuse qui s’est nichée au dessus de nos têtes dès les premiers instants du jour. Nos yeux s’emplissent de cette douce lueur, s’élevant doucement depuis l’horizon. Le phare lui, se contente de rester là, sublimée par la lumière et ouvrant la voie aux visiteurs. Quelques gouttes se mêlent au tableau mais qu’importe, le paysage n’est que merveille lorsque l’atmosphère se charge en un tourbillon d’événements climatiques, où nos sens se réveillent enfin, nous poussant à vivre l’instant présent. Quoi qu’il en soit, ce n’est qu’une question d’état d’esprit : on peut tirer des bénéfices dans chaque situation tant qu’un effort mental est réalisé.

L’après-midi, on tourne autour de Portelet Beach, avec toujours l’ambition folle de ne pas en avoir justement. Seulement marcher, au gré des sentiers qui se dévoilent sous chacun de nos pas. La crique est vaste, cernée par les falaises et quelques résidences. Un coin bivouac se présente au fond d’un bois perché sur une falaise, plus loin, un point de vue dévoile un large panorama et signe la fin du week-end.

Finalement, il a fallu seulement 3 jours pour découvrir une grande partie de l’île et se fondre dans l’ambiance britannique si particulière que j’aime tant. Si proche de la Bretagne et si loin à la fois, ce petit bout de terre mérite que l’on s’y attarde le temps d’un week-end.

INFOS PRATIQUES


www.jersey.com/fr

TRANSPORT
Depuis Saint-Malo comptez 1h30 de bateau avec Condor Ferries.

CAPITALE DE JERSEY
Saint-Helier

POPULATION
168 000 habitants

MONNAIE
La livre Jersiaise

LANGUES
Anglais, français, jersiais

L’HÉBERGEMENT OÙ J’AI SÉJOURNÉ
Hamptonne Country Life Museum

LES RESTAURANTS OÙ J’AI MANGÉ
Kismet Cabana à Ouaisné Bay
Jersey Crab Shack à Saint Brelade
The Sinful Vegan

 

 

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