Aventure Irlandaise

It’s a long, long way from Clare to here
It’s a long, long way from Clare to here
Oo, It’s a long, long way; it gets further day-by-day
It’s a long, long way from Clare to here.

L’écoute de ce refrain me renvoie en pleine figure l’Irlande. Les étendues d’herbes si vertes que ça en devient surréaliste, le déchaînement de la mer contre les falaises déchirées par le temps, l’odeur du houblon dans les pubs, le chant de la communion irlandaise. Les clichés que j’avais avant de mettre mon premier pas en Irlande ne sont plus des clichés mais bien une réalité aujourd’hui. Il m’a fallu quelque temps pour  remettre mes sentiments en ordre suite à ce voyage. Je suis désormais prêt à ouvrir le carnet de voyage de mon road trip en Irlande.

À Dublin, je retrouve Hugo, un ami de longue date qui s’est installé en Irlande. À peine arrivés, on trace la route pour rejoindre Galway. On laisse nos affaires chez Jonas, un ami d’Hugo, avant de nous réfugier dans un pub. Les rires éclatent, les fûts se déversent dans nos verres, un groupe joue plus loin dans l’angle, les chants s’élèvent. Des frissons parcours tout mon corps tant la bonne humeur qui règne ici m’atteint. Je regarde l’heure, il est déjà 3h. Une longue journée nous attend demain et on ferait mieux de se reposer un peu.
Le lendemain matin, on déambule dans Galway, cette charmante ville de l’ouest du pays perpétuellement humide par les averses quotidiennes. Les quartiers sont animés et le sourire des passants égayent les rues. On rejoint Jonas, on charge les affaires, on se fraye chacun un chemin dans la voiture bondée de sacs puis on dévale les routes étriquées en direction de Cliff of Moher.

CLIFF OF MOHER

Les rafales de vent s’écrasent contre les falaises, derniers remparts contre le déchaînement de la mer. La démesure de leur façade donne le vertige. Les quelques touristes présents s’emmitouflent dans leur k-way, luttant contre les bourrasques balayant le mince sentier longeant les parois. Il est près de 19h, le soleil tente une percée majestueuse mais sera vite avalé par le temps maussade qui s’est installé en Irlande depuis toujours.

cliff of moher

Les mains tremblent, le nez coule et l’humidité sur nos vêtements nous amènent à nous réfugier instinctivement dans un pub. Les quelques notes chantées par un musicien présent suffisent pour m’emporter dans un nouvel élan de bonne humeur. En sortant, on se prépare quelques pâtes au réchaud puis on installe notre autel du soir en bord de mer, au commencement de Cliff of Moher. Une tente ici et là, on les installe avec une certaine stratégie pour éviter quelques surprises dans la nuit. Le vent continue de se jeter avec fracas sur la côte et on aimerait éviter un réveil soudain au milieu de la nuit. Finalement, celle-ci se passera relativement bien, malgré quelques gouttes qui s’immiscent à travers la toile.

LE CONNEMARA

De nouveau sur l’asphalte, on remonte la côte ouest pour traverser Galway et rejoindre le Connemara.  À travers la vitre de la voiture, je me laisse emporter par la poésie des paysages. Les montagnes s’encastrent entre les lacs et forêt, presque cernées par l’envie dévorante de l’eau d’injecter la vie sur son passage. Au loin, la mer dévoile toute son étendue, prête à cueillir les rivières.
On entame une longue marche jusqu’au sommet d’un mont choisit par instinct dans l’espoir d’admirer convenablement le Connemara. Le vent s’est levé et le ciel, bien que chaotique, nous épargne de ses averses. À travers les nuages, des rayons balaient la région et y placent des tâches dorées, comme pour guider nos yeux vers les merveilles que l’on pourrait rater. Affolé de lumière et de lyrisme, le paysage transcende. La fin de journée approche, le ciel se déchaîne et éclate au dessus des montagnes.

connemara

connemara

On redescend au rythme des couleurs changeantes avant d’installer la tente au bord d’un lac. On se prépare quelques nouilles chinoises à la sauce indienne, on discute de banalités puis le sommeil nous attrape. Il est temps de se réfugier au chaud dans nos couchages.

ACHILL ISLAND

Dès le réveil, on s’engage sur les routes serpentées de l’Irlande. Ce matin là, l’aube dévoile une lumière resplendissante, s’affirmant au dessus de nos tête. La route est une formidable forme de jouissance accessible et gratuite.

Le monde vu à travers le pare-brise est une hymne à la découverte et aux possibilités infinies qui sont tendues vers vous. La musique jouée en arrière plan et les discussions qui parsèment le trajet créent une échappée vertueuse vers l’unique but de mes voyages : atteindre la liberté.

Les heures s’enchaînent et le soleil ne nous a toujours pas quitté. On débarque à Achill Islande dans le comté de Mayo. Hugo a une admiration pour ce coin d’Irlande, et il me tarde de le découvrir. Pour la 3ème fois de ce voyage, les environs se révèlent inédits, comme jamais vu auparavant. Irlande, tu continues de me surprendre et je t’aime pour ça. Les surprises se suivent, la plage de sable fin de Keem Bay et son eau bleue azur nous charme. Hugo et Jonas se laissent amadouer et plongent sans attendre leur corps dans les eaux fraîches de l’Atlantique. Je les rejoins rapidement pour me laisser submerger par le froid vivifiant. Je plonge ma tête sous l’eau. Le silence se pose, mon corps lâche prise. Je me sens bien.
Les rayons nous réchauffent, on enfile nos vêtements puis on entame la randonnée de la journée. On atteint les hauteurs de la baie – avec une certaine fatigue qui alourdie nos jambes – et on s’aligne le long des falaises. Un semblant de Lofoten semble s’être installé ici. La côte est déchirée par des colosses gardant un oeil sur les environs. L’eau atteint sa liberté entre leur forme, comme prise dans une danse gracieuse. Le soleil atteint rapidement l’horizon, taillant une fissure dans le ciel pour nous prouver que la beauté de l’Irlande n’a pas de limite.

achill island

achill island

achill island

achill island

achill island

achill island

Le rideau se lève et clos le spectacle. On redescend à Keem Bay pour poser la tente au bord de la plage. Cette nuit là, le vent sera sans pitié. Hugo ne ferme pas l’oeil de la nuit, moi si. Une météo déchaînée me fait souvent l’effet d’une berceuse.

SUR LA ROUTE

La dernière journée de ce voyage s’éveille et cette fois-ci, on va y avoir le droit : le ciel gronde et s’apprête à déverser des trombes d’eaux toute la journée. On décide tout de même d’avancer et d’explorer de nouveaux coins. Au bout de 4h de route, épuisés, on s’arrête déjeuner à Sligo. J’avale mon plat, on déguste une pinte locale, puis… on rebrousse le chemin. On passe finalement 7h sur la route aujourd’hui, sans aucun objectif. À midi, en plein repas, une révélation est survenue : celle de profiter d’une dernière soirée dans les pubs à Galway. On est samedi et l’envie de retrouver les joies de la civilisation et surtout la gaieté des pubs Irlandais nous pousse à faire ce choix.

road trip irlande

road trip irlande

road trip irlande

road trip irlande

Le réveil sonne à 7h et s’arracher du lit est une épreuve difficile. Je cours sous la douche, attrape le bus pour rejoindre l’aéroport de Dublin et rejoins Nantes dans la soirée. Je lâche mon sac et file sous la couette, exténué.
Quelques mois plus tard, j’écris enfin ces quelques lignes pour vous retranscrire cette expérience. Il m’a fallut du temps pour assimiler la beauté de l’Irlande. Aujourd’hui, je ne songe plus qu’à une chose : y retourner.

 

7 Comments

Poster un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :