Les couleurs du Beaujolais

À l’heure où j’écris ces quelques mots, l’automne laisse tomber ses dernières feuilles laissant ainsi la place au froid mordant de l’hiver qui s’apprête à nous saisir. Avant de s’embarquer dans cette période de froid, je vous emmène avec moi dans le Rhône, au coeur du Beaujolais, là où les couleurs de la saison s’expriment avec merveille.

À LA DÉCOUVERTE DU BEAUJOLAIS

3h45 du matin, la sonnerie de mon téléphone m’arrache du rêve. Je suis matinal, mais là il n’est clairement pas question du matin à une heure pareille. Je sors un pied, puis l’autre, file sous la douche avant de me rendre à la gare de Nantes. Je cours sur le quai pour attraper le train dans la dernière minute. Il est 4h50 et le train quitte la station pour rejoindre Lyon.
9h, je m’extirpe à nouveau du sommeil pour rejoindre nos guides et les blogueurs qui vont m’accompagner pendant ces 3 prochains jours. C’est la première fois que je participe à un blogtrip en groupe – et étant quelqu’un d’indépendant, fuyant la contrainte, je dois avouer que j’y vais avec quelques questionnements et une certaine appréhension.
À Lyon, je rejoins donc Sakina, organisatrice pour l’office de tourisme du Rhône, Aurélie de Chouette World et Olivia de La Fille de l’Encre. On fait connaissance avant d’aller déjeuner dans un restaurant végétarien (merci encore pour cette considération !).

Rassasiés, on file de nouveau à la gare pour nous rendre au nord de Lyon, dans le Beaujolais. On dépose les bagages à l’hôtel Le Savigny, une bâtisse au charme fou qui s’est littéralement laissée imprégner de l’accueil chaleureuse du gérant. Les murs dégagent une chaleur réconforte qui nous empêche d’en sortir.
Dans la salle de vie, on fait connaissance avec Nicolas de Nicook, Elyssa de Elyrose, et Céline, notre seconde guide. L’entente entre nous tous est immédiate ce qui augure du positif pour la suite.

hôtel le savigny

On s’élance sur l’asphalte, poussés par le vent de l’exploration. Le Beaujolais se dévoile enfin dans toute sa splendeur – les vignes dominent la région par milliers, l’excès de couleurs vives éclate la rétine, qui elle, suit une course sur l’ondulation des vallées. On dépose le pied au Château de Javernand pour déguster de délicieux vins. Je ne suis pas un grand connaisseur de ces produits, mais le cadre et le goût qui se déposent dans mon palais construisent un moment de joie.

visite vignoble beaujolais

Cette première journée est une esquisse à la beauté du Beaujolais et il me tarde de découvrir la suite. Avant de laisser mon corps s’effondrer sur le lit douillet qui m’attend, on s’en va dîner dans un restaurant traditionnel, le Buffet de la Gare à Belleville. Aucun menu végétarien à la carte, mais le chef a l’immense gentillesse de m’en proposer un.

Mon réveil braille dans toute la chambre et m’extirpe instantanément du sommeil. Il est 7h et je m’apprête à m’élancer sur le chemin qui part derrière l’hôtel pour profiter du lever de soleil avec Olivia. On atteint rapidement un point de vue dominant les vignes, on patiente 15min, quand soudainement, le soleil sort de son repos pour dévoiler ses premiers pinceaux dont les extrémités s’étalent sur sa palette de couleurs flamboyantes avant de les déposer délicatement sur le feuillage. On assiste au spectacle avec un certain respect pour la nature.

lever de soleil beaujolais

RÉFLEXION SUR LE VOYAGE

Il est temps de redescendre pour profiter d’un bon petit-déjeuner à base de produis locaux et frais. Pour cette seconde journée, nos guides nous emmènent de nouveau à travers le Beaujolais afin d’y déceler quelques pépites : le village d’Oingt, le château de Montmelas, le Beaujolais vert… Ce nouveau jour marque également pour moi la réflexion sur le « voyage en groupe » amorcée avant le départ. Voyager, même sur 3 jours, revient à mettre une parenthèse dans son histoire et à s’abandonner aux imprévus du chemin. Il est censé pour moi stopper avec la folie et l’absurdité de la société moderne, notamment dans les milieux très urbanisés. J’ai donc le désire permanent de m’élancer seul ou bien accompagné (une personne, voir deux maximum) pour baisser les masques et me défaire des contraintes liées au quotidien. Pour ce séjour, je ne brouille pas les pistes et je me suis lancé sur un terrain qui pouvait être glissant. En fin de compte, je trouve cette échappée vraiment réjouissante. Nos guides et les blogueurs présents apportent une dimension supplémentaire à l’aventure beaujolaise. Les relations sont sincères et les joies s’étalent sur l’ensemble des journées. La beauté de la région est en soit une richesse qui fait déjà mon bonheur, mais le vivre avec des visages qui vous sourient toute la journée apporte une touche qui élève définitivement le voyage au rang de remède contre la morosité.
Cette humeur permet la découverte des environs avec un regard qui se charge de positif. Je connaissais le génie des lieux, mais il est surprenant de voir à quel point le Beaujolais contribue au renouvellement de certaines de mes pensées. Les couleurs éclatantes des vignes ne sont que le reflet de la mentalité que l’on insuffle ici. On n’effectue non pas une plongée vers les belles teintes qui se trouvent en nous, mais vers celles des autres. J’aime profondément partager en fait, je crois que l’on peut tirer une immense partie du bonheur sur ce point précis.

route beaujolais vert

beaujolais vert

visiter le beaujolais

La dernière journée met d’ailleurs un point final au sentiment que je viens de vous révéler. On se rend au Mont Brouilly pour marcher ensemble sur les sentiers qui dominent le Beaujolais avant de quitter ces paysages pour déjeuner chez le très sympathique Stéphane de Table, éTables et Tablier et retrouver le chemin de la gare. C’est dans les mouchoirs que l’on se quitte mais soyez-en-sûr, on sera de retour !

Ha oui, dernière chose : je sais que je peux avoir des décisions folles quand il s’agit de photographie, mais pour être certain de capturer au mieux le Beaujolais, j’ai refusé une séance de massage/jacuzzi/sauna pour me rendre dans le Beaujolais Vert. Pendant que mes amis se relâchent et se détendent, j’ai affronté le temps maussade qui dissimule la lumière derrière une masse de nuage chargée d’eau. Bien que mes clichés sont assez médiocres, je n’ai pas regretté ce choix. Déjà, le Beaujolais Vert, même sous un ciel hargneux, se révèle splendide et puis je préfère vivre avec le remord plutôt que le regret de ne pas avoir tenté le coup.

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