La Vallée d'Ossau

Lundi 10 juillet 2017, je parcours mon fil d’actualité Instagram avec une étonnante vivacité. La nonchalance habituelle se délaisse pour laisser l’esprit s’immerger du travail photographique des plus doués, et, pour finalement, y trouver ma prochaine halte.
Alex Strohl, un photographe français dont j’admire le travail m’apporte sur un plateau d’argent la destination tant espérée : la Vallée d’Ossau. Son dernier séjour dans les Pyrénées m’a donné la fougue nécessaire pour y fouler à nouveau les chemins.

nuage dans la montagne

J’emporte un ami avec moi, Gwen. Les similitudes avec le dernier bivouac passé dans la chaîne montagneuse sont flagrantes : on quitte Nantes directement après le travail avec comme objectif de planter la tente sur la route avant de rejoindre les vertiges rocheux.
Ce premier soir, on espère et on ne souhaite pas le grand luxe. Ni perdre du temps d’ailleurs. On se gare donc au milieu des landes, en bordure de route, le long des pins. Leur direction perpendiculaire face au plan de l’horizon couplée à l’alignement m’étonneront toujours. J’y trouve cependant peu de charme, mais disons que passer la nuit entouré par ces gardiens apaisent.

On arrive le lendemain matin dans la Vallée d’Ossau. On laisse la voiture au premier parking puis on réunit le matos nécessaires pour survivre 3 jours en nature :

  • Tente de bivouac ;
  • Sac de couchage ;
  • Matelas ;
  • Oreiller ;
  • Vêtements chauds, vêtements d’été ;
  • Gourde ;
  • Plusieurs rations de nourriture en sachet (le festin ne sera pas au rendez-vous. Il faut seulement penser à recevoir les apports nécessaires pour éviter les carences) ;
  • Appareil photo, objectifs, batteries de rechange, cartes SD, trépied ;
  • Un livre (Sylvain Tesson « Dans les Forêts de Sibérie ») ;
  • Une lampe frontale ;
  • Un sac de pluie.

On est bon ? Alors c’est parti !

Le tour des Lacs d’Ayous

Nous voilà sur les chemins du ciel, ceux dont j’attendais le retour depuis la dernière descente. En ce vendredi 14 juillet, le soleil est d’attaque et prend cet éternel plaisir à matraquer nos corps de ses rayons destructeurs. On savait que les débuts seraient difficiles mais le plaisir ne tarit pas. L’effort en nature est un réconfort pour l’esprit. Ne serait-ce que la vue de l’harmonie naturelle créée par le temps, s’élançant tout autour de nous, apportant le bonheur et la vie pour les êtres peuplant et arpentant ces sols.

Il nous faut bien 5h de marche en montée abrupte pour atteindre une hauteur suffisante et espérer assister au spectacle du soleil irradiant la vallée. On plante la tente au pied d’une falaise, non loin du refuge des lacs d’Ayous. À peine 10min après notre arrivée, la brume envahit les sillons causés par les âges et nous piège dans son enveloppe épaisse, quasi organique. À 20 mètres, on y voit plus rien, et plus rien ne nous retient du sommeil.

La sonnerie programmée à 5h30 nous arrache de la tente. Le brouillard s’est dissipé dans la nuit et s’est réfugié dans la vasque d’Ossau. L’aube s’exalte et la lumière se prépare à inonder la vallée.

la vallée d'ossau

refuge des lacs d'ayous

On reste encore une heure ou deux à s’affranchir d’efforts physiques. À la place, on mène l’activité la plus réjouissante du monde : lire dans l’herbe.

La tente pliée, le sac sur le dos, on reprend la marche. Cette fois, on veut atteindre les sommets. On commande d’abord à boire au refuge, histoire de réconforter nos corps avant de les élancer dans l’escalier du paradis.
La marche qui s’en suit procure le bonheur. Les pensées envahissent l’esprit, loin des superflus vides de sens, et battissent à la place un cocon intérieur. Une bulle où l’on se sent bien. Une certaine définition du bonheur.

Le temps défile lentement, le crépuscule n’est pas pressé d’arriver. Est-ce parce que l’on a choisi de laisser le temps se découler lentement ? D’avoir laissé la possibilité de vivre au présent ? Ne pas penser à avant ? ni à après ? Certainement.
On est allongés dans l’herbe, chacun plongé dans un livre. C’est Sylvain Tesson qui me transporte aujourd’hui. Je lis sont journal de bord qu’il a écrit lors de son isolement de 6 mois dans une cabane sibérienne. C’est un véritable compagnon de voyage et à la solitude. À ce moment précis, je me sens en phase avec ses mots, en imitant sa tâche de vivre dans la lenteur et la simplicité. Cet homme semble exalté par la vie solitaire qu’il mène, loin de l’agitation aliénante procurée par la civilisation. Sa vision dure de notre société martèle mon esprit. Je ne peux qu’y retrouver du réconfort.
La lumière nuance les traits imparfaits des sommets. Tout me fascine à cet instant. Les montagnes se contentent d’être seulement là, n’apportant rien d’autre qu’une plénitude éternelle pour les hommes. La douce matière des nuages inonde les Pyrénées comme une mer calme, dénuée d’agitation.

la vallée d'ossau

vallée d'ossau

le pic du midi d'ossau

On rejoint le refuge des Lacs d’Ayous afin d’y passer la nuit. Une zone de bivouac y est offerte et laisse la possibilité aux passeurs de trouver un peu de repos.
Je me lève tôt pour profiter une dernière fois de la lumière embrasser la vallée. Dans mes rêves, j’ai souvent cette image d’une cabane, d’un lac, d’un sommet, d’une lumière, d’un sentiment. Ce matin, tout y est.

7 Comments

  • Mélanie

    C’est fou comme tes photos sont belles!!

  • Tanguy

    La lumière naturelle sur ces paysages est magnifique et tu l’as parfaitement capturée !
    Bravo l’ami. ;)

    • hugolebeller

      Oui, les lumières matinales sont définitivement mes favorites… Merci Tanguy ;-)

    • hugolebeller

      C’était vraiment dingue en effet ! On a bien fait de se lever aussi tôt :-)

  • Gwendoline

    Superbe article et magnifiques photos! De quoi nous inspirer notre week end ! Mon inspiration de base était ce même photographe dont j’avais enregistré les publications Instagram cet été! Je trouve que le niveau de tes photos est tout aussi intéressant que le fameux Alex, beau travail !

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